Jeudi, le 9 avril, 2009
Nous revenons d’un voyage de 8 jours en Égypte. J’aimerais écrire sur ce trajet, ce pays, ce peuple, pour garder en mémoire cette belle expérience.
Nous sommes partis le 27 mars pour Paris, y avons passé une nuit avant notre départ qui était dimanche, le lendemain. Un trajet d’avion de 5 heures, c’est tout de même assez long pour s’y rendre, sans compter les attentes préliminaires du départ et le retard… dans un avion Koral Blue, un charter plein à craquer, de Français et nous-même, se rendant à différents endroits mais tous, pour le voyage en Égypte. Tassés comme des sardines, nous sommes arrivés à Louxor, vers la fin de l’après-midi, sur une terre de sable. J'avais déjà constaté de mon houblon avant d’atterrir, l'immensité du désert, l’ayant survolé pendant au moins d’heures avant notre attérissage. Que du sable autour, l’aéroport est toutefois immense et propre. J’ai aimé sentir l'air. Première impression: c’est chaud et sec. Lorsque je voyage, j’aime bien prendre quelques secondes pour m’encrer sur le terrain à mon arrivée. D’un coup, j’ai pensé à Jean – Paul II qui prenait le temps d’embrasser la terre, lors de ses multiples voyages. J’aurais eu peut-être le goût, mais je n’ai pas osé. Était-ce le temps de Pâques qui m'ait rendu un peu nostalgique d'une communauté à qui apartenir...
Sans complication, nous voilà dans un gros autocar, flambant
neuf, « Made in China », qui nous conduit vers le Nil, fleuve qui sera notre point fondamental, tout au long de notre séjour puisque nous serons sur un bâteau pendant 7 jours et 8
nuits. Il y a déjà plein d’hommes qui nous attendent , pour prendre nos valises. Que des hommes également
sur le bateau. Sauf qu’avant de s’y rendre, il nous faut traverser 3 ou 4 bateaux qui sont ancrés les uns contre les autres, tout comme nous dans
l’avion. Nous passons donc d’une entrée à une autre pour nous rendre sur le Granada qui est notre bateau de croisière assigné. Nous nous apercevons qu’ il y a également une lignée de bateaux qui longe le quai. En fait, le quai fait presque
toute la côte du Nil et je remarque que de l’autre côté, c’est aussi la même chose. Ce qui me dit que nous ne sommes pas les seuls à vouloir faire la
croisière sur le Nil. Les gens locaux nous examinent d’un air intéressé, en fait, ils semblent même heureux de nous voir. Gentils, ils nous sourient et continuent à vouloir nous aider. Nous suivons notre guide, qui a un turban blanc sur
la tête. Il se nomme Ali et il nous accompagnera tout au long du voyage.
Dans la salle à dîner, on pige pour être assignés à nos chambres respectives. Nous sommes le deuxième groupe sur ce bateau de croisière, qui porte
aussi le nom d’Albatros. Il y a déjà un grand nombre d’Allemands qui y sont déjà installés. Notre
groupe de 25 personnes environ, nous semble petit à côté d’eux qui doivent faire plus que le double ou le triple. Difficulté à communiquer puisqu'on
ne parle que nos langues respectives. Enfin, nous nous rendons à notre cabine. Deux lits simples, petite salle de toilette, on a les
pieds qui sont presque dans la douche. Nous sommes au troisième, chambre 306, avec air climatisé, heureusement ! La vue de notre chambre est super. Il y a plein de voiliers et ces derniers sont différents de ce que l’on
connaît. C'est un voilier qui est placé en diagonal. On les nomme felouques.
Très jolis, très colorés, ces voiliers (à droite
de la photo) raversent d’un bord à l’autre du Nil, drôle de direction. Pierre me rappelle qu’ils doivent attendre le vent pour s’enligner d’un côté
ou de l’autre, ce qui m’apparaît logique. Nous sommes dans un port, plein de trafic, c’est le grand Port de Louxor. Quelques minutes pour se rafraîchir et nous voilà prêt à visiter notre local. Le Granada comprend 4 étages et il semble y avoir des chambres sur tous les
étages. Nous nous rendons sur la terrace et il y en a deux. Une qui sert également de Salon Bar, à
l’abri du soleil où les gens semblent lire paisiblement. L’autre étage, comprend les piscines et plusieurs chaises longues pour se faire
bronzer. Sauf, qu’elles sont toutes utilisées et nous devons redescendre et avons la chance enfin de trouver deux chaises pour venir admirer notre
nouvel environnement. On entend soudain des prières Musulmans de tout bord, de tout côté. On
s’aperçoit qu’il y a 4 tours qui distribuent certaines lamentations. Il est 18 heures, c’est l’heure de la prière.
À date, nous n’avons vu aucune femme, ni sur
le bateau, ni dans notre entourage. Certains hommes portent le costume traditionnel, le jelba, d’autres préfèrent le style européen. C’est surtout le
personnel, dépendant de leur tâches, ils arborent eux aussi un genre de costume, genre hawaïen pour les serveurs, et chemise-cravate pour les cadres.
La salle à dîner est sur le Main Floor, tout près du Hall d’entrée qui servira également de lieu de rassemblement pour nous. Nous sommes assignés à notre table. Désormais, nous serons avec Monique et Helena, mère et fille martiniquaise
ainsi qu’un couple français d’origine algérienne, Haddah et Mohamed, pour tout le trajet. Nous serons jumellés à ces 4 personnes pour la durée du
trajet. Nous découvrons que ce sont des personnes très intéressantes. C’est vraiment une aventure
spéciale !
Nous nous réveillons le lendemain surpris de constater que nous sommes en
route et c’est d’une douceur ! On ne sent aucun mouvement. Toute la journée nous longeons le Nil et ses berges admirant calmement cet environnement
féerique. On voit différents paysages, des gens qui sont au loin dans les champs. On voit des
animaux brouter librement et s’abreuver sur les rives du Nil. On commence à voir des formes noires, sûrement des femmes, seule ou par groupe, accroupies par terre en cercle.
Sur cette photo, les femmes lavent
leurs chaudrons et/ou leur linge sur le bord du Nil.
Parfois des enfants, les pieds dans l'eau nous envoyernt la main et lancent des cris. En d'autre temps, ce sont des adultes, toujours des hommes, qui
nous saluent. On entends leur voix mais nous ne comprenons pas ce qu'ils disent mais ça nous fait tout de même chaud au coeur. Je prends des photos et me sers de mon Zoom pour tenter de voir de plus près des formes que je n'aperçoie que de loin. Ce n'est que rendue en France,
que parfois je verraice que j'ai photographié. Je tente ma chance et bien souvent, ce sont de belles surprises.
Nous nous approchons du Grand Barrage, construit dans les années 60 qui alimente le pays d'électricité. Ce barrage empêche la crue du printemps qui détruisait auparavant les villages ainsi que la
récolte des cultivateurs qui sont nombreux dans cette région.
le 29 mars 2009
Une autre surprise m'attend ! Au souper, le personnel se joint aux groupes pour me chanter Bonne fête; c’est mon 62e anniversaire
aujourd'hui. On m’a donc chanté en arabe, en allemand, en français et dans un autre dialecte. Un gâteau, en surplus, c'est toute une
cérémonie. Malgré que gênée, je trouve cette attention particulère très sympa !
Quelques chaloupes nous attendent, c’est un marché flottant, juste avant la
traversée. Nous naviguons prudemment et paisiblement vers l'écluse. Il y a des échanges qui se font entre les marins et les locaux, c'est
intéressant. Je prend le temps d'observer les gens. Ma curiosité et mon côté humanitaire me rendent attentive à tout ce qui se passe de nouveau autour de
moi. C'est une croissière pleine d'activités, pas toujours de tout repos, surtout pour les gens qui pensaient être en vacance... Tous les jours, nous nous rassemblons en groupe avec notre guide afin de planifier nos visites, s'ajuster et rajouter d'autres visites ou
expériences. C'est très actif et intéressant.
Nous avons accosté durant la
nuit.
Ce lundi matin, nous visitons le prestigieux temple d’Horus à Edfou.
C’est vraiment surprenant ces reliques égyptiennes, et le fait qu’elles aient tenues depuis des milliers d’années, nous apparaìt presqu'i-ncroyable. Horus est un temple
majestueux. Notre guide tente de nous transmettre des points forts de l'histoire égyptienne, qui ne sont pas nécessairement écrits dans les
livres sur l’Égypte.
On apprend que les sculpteurs tenaient à identifier sur ces immenses murs, des histoires du quotidien et des faits historiques, batailles, pensées, amours, etc. Tant de
détails, qu’on pourrait y passer des journées entières, mais comme il y a plein de touristes, nous devons avancer.
Les chiens errants, eux, (taches noir sur le sable) se prélassent au soleil et ne se laissent pas intimider par la chaleur. Ils sont étendus de tout leur long sur le sable et se permettent
de dormir tout simplement. Nous les contournons afin de ne point les distraire de leur sommeil. Et nous continuons.
Cet après-midi, nous visiterons le temple de Kom Ombo, situé au bord du Nil, à quelques 5 mm à pied, la particularité d’être double, le seul de son genre en Égypte, dédié à Sobek, le Dieu
Crocodile et à Horus, le Dieu Faucon. En effet, c’est un grand temple. Nous apprenons que les
crocodiles furent vénérés par ce peuple et ses rois. Ils sont gravés à répétition sur ces murs immenses. Nous avons donc vu ce temple le soir, à la lueur d’une lune très fine, le premier quart. Très beau
!
Ce fut bien également de marcher un peu sur la terre, une terre sableuse et poussièreuse.
Nous sommes parfois entourés de locaux, qui tentent de nous vendre toutes sortes de choses: des bouteilles d’eau, des bracelets, des foulards, des chemises. Un peu de tout, quoi
! Les prix descendent à l’approche de notre retour d’embarcation. C’est ainsi ! Il est toujours mieux d’attendre. Les Égyptiens aiment que l’on marchande avec eux; ils nous le disent
d’ailleurs. C’est leur force ! En même temps, ça devient agaçant de se faire harceler pour quelques bricoles quand il y a temps à voir, à
découvrir. Ce sont, tout de même, des gens très intéressants et fasciner par les touristes. Parfois, ils nous saluent même s’ils n’ont rien à
vendre.
Des chèvres se promènent dans les rues, elles mangent les poubelles, jetées un peu partout. Elles ne
semblement pas apartenir à personne, tout comme certains jeunes enfants que nous avons remarqués lors de notre randonnée en calèche. Ce fut parfois un peu traumatisant. L'hygiène
n'est pas un pré-requis il semble évident. Les senteurs étaient parfois mêmes intolérables.
Certains enfants essaient de nous retirer quelques "livres", leur monnaie, et on peut facilement s'apercevoir qu’ils sont en manque. On
doit parfois éviter leur regard et marcher rapidement, sinon, le cœur nous fait des soubresauts. La compassion est alors temporairement mise sous
clé. Enfin, de faibles excuses… Il faut suivre le groupe.
Ici, c'est une petite fille qui s'est accroupie sous une calèche pour se rendre en ville afin de guêter. Auparavent, ellle
courait près de nous comme une gazelle, essayant d'attirer notre attention lors de notre passage au souk et voilà qu'on la retrouve en face de nous, cachée sous cette
calèche.
Nous sommes dans la ville dAssouan et partirons demain matin vers 4 heures du matin, pour se rendre au Lac Nasser, 2 heures et demi, pour
aller le même temps pour le retour. Nous visiterons les deux temples d Abu Simbal. Je suis partie seule avec le groupe, Pierre étant indisposé par des petits
malaises Tourista. Une grande randonnée dans le désert, rien d’autre qu'une route isolée et du sable tout autour. C'est le désert,
jusqu’au Lac Nasser. Mais quelle vue à notre arrivée: Un super de beau lac! Il y a deux
temples à visiter, celui de Ramsès et de sa Reine.
emples Ces deux temples ont été re-localisés dans les années 70 et la reconstruction n’est pas
encore terminé. Comme vous pouvez le constater, la figure d'une de ces statues n'est pas encore refaite. C'est le bloc qui est à
terre. Dans ces temples, on remarque beaucoup de couleurs, surtout les bleus et rouges qui sont encore bien vivantes. C'est pourquoi, nous n'avons pas la permission de
prendre des phtos à l'intérieur. La finesse des gravures est remarquble. Il y a aussi plein d'amour dans ces temples. Encore là,
Ali nous fournit des détails que nous n’aurions pas remarqués sans ses informations.
En après-midi, visite d’un village et une randonnée de dromadaire sur l’autre rive du Nil. Je pars encore seule avec le groupe.
Nous prenons une de ses petites barques et
naviguons de l’autre côté du Nil, avec un jeune animateur qui joue du tambour et nous fait chanter. Il n'y avait que le conducteur, habillé selon leur
coutume, avec un gros turban sur la tête. Nous rencontrons de jeunes locaux, des enfants, garçons naturellement, qui viennent s’accrocher à notre bateau dans leur chaloupe et nous
chantent des chansons françaises pour un bonbon, un crayon.
Nous accostons dans le désert où il y a une trentaine de dromadaires tout déguisés, avec leurs propriétaires.
Je n’ai pas le courage de prendre la randonnée sur le dos du dromadaire. C’est fou le monde là. Il y
avait mème un groupe
d' étudiants canadiens comme vous pouvez le constater.
Nous reprenons la chaloupe pour nous rendre dans un village loubien. Nous sommes invités chez des gens qui nous accueillent pour le thé. Ce sont des
noubiens.
C'est une grande maison, aérée par un toit qui
est en paille mais soulevé. ce qui permet aux oiseaux de circuler et y faire leur nid. Ils ont également une cage de mini crocodiles. C'est bien décoré avec
des tambours et des murales. Le thé nous est servi, accompagné de leur pain traditionnel et des trempettes. Étrangement pour nous, dans la cour arrière, ce sont des dromadaires
qui sont temporairement stationnés. Et dans le village visité par la suite, on devait être alertes et ne pas baiser les yeux sinon, on se retrouvait en dessous
d'un dromadaire, les mulets, car ce sont leur source de transportation, leur trafic quoi! Ici, Le Souk, c'est à tous les jours, ce sont en effet leur rue principale. Il y a plein
de boutiques. Je me suis sentie intimidée et certains membres de notre groupe également lors de cette visite. Le harcèlement pour nous vendre était plus agressif qu'ailleurs.
Les enfants s'accrochaient à nous, nous donnant la main et même les dames, voulaient entretenir des conversations. Trop envahie, je n'ai pas gardé une bonne impression de ce
village.
Ànotre retour, Pierre est debout et semble se remettre assez bien. Il fait bon de le retrouver en forme. La nuit, nous naviguons de nuit jusqu’à l’écluse d’Ésna.
Voilà où sont les femmes sur le bord du Nil, en groupe ou seule !
Jeudi, c'est le retour à Luxor. Journée à admirer les berges du Nil, avec ses petits villages, ses palmiers,
ses bœufs et maisons en torchis dispersés entre champs et herbes folles, toujours avec l’immense désert au-delà des rives du fleuve…C’est envoûtant! On peut enfin se prélasser sur la
terrasse et être libre de choisir notre chaise longue. Comme il fait très chaud, nous optons pour l’ombre aujourd’hui. Nous naviguons en douceur sur le Nil, vers Louxor, dernière escale.
Vendredi, nous visitons les deux célèbres Collosses de
Memnon.
Nous avons visité laVallée des Reines et avons déclinés pour la visite de la Vallée des Roi. Il paraît que c'est une grande marche au centre de la terre et qu'il fait très chaud à
l'intérieur.
En après-midi, nous avons la randonnée en calèche à Louxor, ville de 100,000 habitants. Toute une expérience car nous entrons directement dans le
Souk de Louxor.
Nous y rencontrons la pauvreté, des femmes masquées, des enfants mal habillés qui traînent dans les rues, sans parents, nus pied. Pourtant, ces
enfants et de vielles femmes nous saluent comme des rois et reines. Nous nous sommes arrêtés pendant plusieurs minutes car le trafic était
coincé. La senteur était répugnante. Nous étions une vingtaine de calèches à se
suivre. Dans cette ville, tout est permis sur les routes : des gens à pieds, des enfants seuls qui tentent de s’amuser avec rien; des
cultivateurs assis dans des charrues tirés par un âne, des autos, des autocars, des motocyclistes qui coursent, ces calèches qui transportent plusieurs touristes par groupe de 2 ou 3.
On vend de tout comme vous pouvez le constater. Un méchant méli-melo: des poules, des vêtements, du pain, des accessoires de maison, etc.
En effet, ce fut une après-midi, un peu traumatisante car nous voyons des rues très malpropres où les déchets sont jetés de l’autre côté de la rue. Il y a encore quelques chèvres
noires qui essaient de se trouver quelque chose pour se nourrir. Nous avons aussi eu la
visite d’une maman très inquiète pour son poupon qu’elle portait dans ses bras. L'enfant apparaissait malade et elle avait les yeux tellement tristes, qu’elle nous a touchés,
Pierre et moi, profondément. Nous étions soulagés de revenir à notre cabine et prendre un certain recul après cette randonnée très
touchante.
Notre dernier souper fut dans un restaurant égyptien avec la nourriture locale. C’était bon. Aucune boisson allouée dans ce pays musulman.
Samedi matin, journée de départ. Nous devons quitter nos cabines vers 10 heures car un autre groupe est attendu et le personnel devait nettoyer les chambres avant les futurs
clients . Nous passons un peu de temps sur la terrasse à regarder le trafic sur les quais.
Nous partirons bientôt, vers l’aéroport, pour nous envoler vers Paris, cinq bonnes heures de vol.
J'ai beaucoup aimé ce voyage. Peuple et pays inconnu pour moi, je sens que je suis maintenant très enrichie par cette expérience vécue près d'eux. Façon de parler, je devrais peut-être dire: "Un peuple que nous avons observé de loin", car leur vie est complètement différente de nous. Ce qui m'a le plus impressionné c'est de voir des gens "heureux", sans malice, avec une philosophie de vie très relaxe.
Je demeure encore bouche-bée devant cette expérience. Peut-être que les mots me viendront plus tard... Ce que je sais maintenant, c'est que nous n'avons fait qu'une minime partie du Nil, puisque ce fleuve mesure plus de 3,000 km et nous en avons fait que 200 km. Un autre rendez-vous ?
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